Face aux multiples conséquences induites par le réchauffement climatique sur le quotidien de chacun, les réponses doivent être nécessairement collectives. L’injonction peut paraître facile et entendue, mais l’urgence est là. Les postures d’évitement personnelles doivent désormais s’effacer au profit d’actions concrètes, communes et partagées. Elles doivent aussi s’accompagner d’une transformation profonde des habitudes et d’un examen lucide des attitudes. Si la planète a le potentiel pour s’adapter à cette nouvelle ère, l’espèce humaine n’en a, quant à elle, ni les prédispositions ni les capacités. Comme l’écrivait au dix-septième siècle le philosophe Francis Bacon, « on ne soumet la nature qu’en lui obéissant ». L’arrogance humaine n’en a eu cure. L’histoire est ce qu’elle est. L’important est aujourd’hui de se concentrer à l’immense tâche qui s’ouvre, à s’emparer véritablement de ce sujet et à agir. C’est pourquoi la municipalité a lancé un comité citoyen pour une transition écologique et solidaire.
David Lamiray a confié à Nelly Tocqueville, conseillère municipale déléguée à la transition écologique et solidaire, et Alexandre Lefebvre, adjoint à l’environnement, un chantier important, colossal, passionnant, mais surtout inévitable : élaborer pour la Ville et avec le concours d’habitants un agenda structurant cette transition avec, en ligne de mire, 2030.
Cet agenda, qui s’inscrit dans la continuité des engagements de la COP 21, représente un véritable acte fondateur qui doit conduire Maromme vers l’application d’une politique résolument tournée vers une écologie sociale. C’est évidemment un geste politique fort, au sens premier du terme, c’est-à-dire relatif à l’organisation de la ville pour laquelle tous les Marommais sont concernés. Il s’agit de déterminer collectivement la mise en œuvre d’un processus de transformation et de modernisation profondes de la ville qui tienne compte des enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux. « Il nous faut savoir concilier, avec équilibre et avec raison, ces deux aspects en observant toutes leurs interactions et les réelles incidences qu’elles produisent » explique Nelly Tocqueville.
L’agenda 2030 entend aborder ces questions de manière transversale et globale. Il s’agit de s’interroger sur la pertinence d’une action au regard des répercussions favorables ou néfastes qu’elle peut générer. Ajuster, affiner ou compenser, chaque action doit être pensée à l’aulne des éventuelles nouvelles précarités qu’elle pourrait induire. C’est là un enjeu majeur.
C’est la raison pour laquelle la contribution citoyenne, large et diverse, est indispensable. La Municipalité a donc décidé de constituer à cet effet un comité citoyen pour une transition écologique et environnementale composée en quatre collèges de 20 personnes (jeunes, seniors, associations et acteurs économiques). « Ces groupes de travail et de réflexion visent à définir une série d’actions concrètes échelonnées dans le temps et à analyser l’impact de celles-ci sur le quotidien de tous. Il s’agit de ne pas créer de frustration auprès des habitants. Nous devons d’une part savoir être raisonnables dans nos propositions, d’autre part concéder un travail d’explications afin que chacun puisse s’approprier cet avenir commun » précise la conseillère municipale.
L’information et la pédagogie sont, à ce titre, des éléments essentiels : « Nous devons largement associer les Marommais à la mise en œuvre des actions définies et des orientations de ce projet démocratique » insiste l’élue.
Il faut que les habitants puissent s’emparer de ces problématiques pour en être, eux aussi, pleinement les acteurs. Les efforts qui devront être nécessairement consentis doivent susciter l’adhésion. C’est un mouvement collectif que nous devons créer, un élan dynamique et volontaire.
David Lamiray