Histoire de la ville

DE MARE-HOM… À MAROMME

Histoire d'une commune en perpétuelle évolution

L'archéologie permet d'affirmer que la présence de l'homme dans la vallée du Cailly remonte à la préhistoire. Les premières traces de nos ancêtres, découvertes à la Maine, tendent à prouver qu'ils façonnent le paysage à Maromme depuis des millénaires. Petite histoire urbaine d'une ville qui, aujourd'hui encore, ne cesse d'évoluer.

Aux origines

La vallée du Cailly - large et profonde, couverte de bois et d'herbages, et traversée par une rivière aux eaux vives - présente des conditions favorables à l'implantation humaine. Autrefois, un vaste étang marécageux alimenté par le débord du cours d'eau recouvrait une grande partie de cette zone. Ceci expliquerait l'origine du nom de la commune dans la terminologie celtique (Mare-hom : le village de la mare).

Au fil des siècles, des femmes et des hommes s'y établissent et de fertiles prairies remplacent progressivement les marais.


Sous l'Antiquité, ce territoire aurait servi de lieu de culte pour les Celtes, dont la déesse mère était vénérée au bord des rivières. Après l'invasion romaine, un premier axe de communication est implanté dans la vallée du Cailly pour relier Lillebonne à Rouen. Cependant, peu d'éléments subsistent concernant le développement la zone.

Période médiévale
Du Moyen Âge à l'époque moderne

Durant la période médiévale, Maromme se développe - sous la tutelle de l'abbaye de Fécamp - et devient une paroisse florissante qui compte quelques fermes, une église, plusieurs moulins et même une léproserie. La richesse de ces terres va malheureusement attirer les convoitises et engendrer une multitude de spoliations ou de querelles, impliquant notamment les ducs de Normandie.

Période médiévale
1575

Ces troubles atteignent leur paroxysme à l'époque moderne. Devenue un fief seigneurial - après la vente aux enchères de la paroisse en 1575 - Maromme connaît en effet de nombreux conflits liés à l'exploitation du Cailly, des moulins et des surfaces agricoles qui perdureront jusqu'à la Révolution.

1575

Malgré ces tensions, le village commence à bénéficier de l'essor économique du port de Rouen et participe activement au développement du commerce et de l'artisanat. Entre le XVIe et le XVIIe siècle, il voit alors se multiplier les manufactures, dont la célèbre Poudrerie royale construite sous le règne d'Henri IV.

Début du XVIIIe siècle

Au début du XVIIIe siècle, la demande de textiles explose en Europe. Les marchands rouennais décident donc de délocaliser la production en périphérie de la ville, en s'appuyant sur la main d'œuvre locale. D'abord spécialisée dans la teinture et la production du papier, Maromme - qui acquiert le statut de municipalité en 1789 - va ainsi peu à peu devenir l'un des pôles de l'industrie cotonnière du Cailly.

Début du XVIIIe siècle
Orée du XIXe siècle
La Révolution industrielle

A l'orée du XIXe siècle, la région gagne le surnom de « petite vallée de Manchester », des dizaines de filatures hydrauliques remplacent les moulins et les vastes prairies de la vallée se retrouvent exploitées pour faire sécher le tissu à l'air libre. La révolution industrielle, avec son flux de marchandises et de personnes, change radicalement le visage de la commune. Maromme connaît durant cette période une explosion démographique et voit sa population tripler. L'afflux de travailleurs, venus de la campagne pour travailler dans les usines, entraîne la construction des premiers quartiers ouvriers.

Orée du XIXe siècle

La ville se transforme en profondeur sous l'impulsion de ses premiers maires (Nicolas Berrubé, Léon Leclerc, Ferdinand Leharivel) et devient vite l'une des plus importantes cités industrielles de l'agglomération rouennaise par le nombre, les dimensions et la productivité de ses entreprises.

Outre les transformations urbanistiques, le XIXe siècle est également synonyme d'innovation et de modernité. Ainsi, Maromme se dote en 1840 de son premier marché puis d'une mairie-école deux ans plus tard. Du côté des transports, le chemin de fer arrive en 1847, suivi quelques décennies plus tard par le tramway (1873). Enfin, l'éclairage public des rues débute à partir de 1875, tandis que se met en place la distribution de l'eau potable dès 1881 avec l'industriel Charles Besselièvre.

En dépit de ces avancées, la seconde moitié du XIXe siècle est surtout marquée par la crise cotonnière. Les prémices de la concurrence étrangère, la modernisation coûteuse de la mécanisation, et les difficultés d'approvisionnement en matières premières vont obliger de nombreuses filatures à cesser leurs activités. La vallée du Cailly voit apparaître un mouvement de conversion industrielle, avec l'implantation des nouvelles industries dans les filatures et les ateliers textiles laissés vacants.

Du XXe siècle à nos jours

L'ère du coton s'achève définitivement au milieu du XXe siècle à Maromme. Elle laisse la place à des entreprises comme la fonderie Senard, l'imprimerie Féré ou encore la scierie Boury, toutes nées au début du siècle dernier. Peu d'évolutions alors, hormis le développement des voies d'accès pour les voitures individuelles qui s'imposent progressivement dans le paysage.

Après la Seconde Guerre mondiale, la commune entre dans une phase de reconstruction sous la conduite de l'ancien résistant Paul Vauquelin. Une multitude de chantiers voit le jour, conduisant à la création de nouveaux quartiers (Stade, Clair-Joie) et à l'apparition des grands ensembles. Des travaux de voirie sont également entrepris (création et extension des rues de la ville, développement des réseaux d'éclairage public et d'adduction d'eau) et plusieurs équipements municipaux apparaissent. La maison de retraite, le groupe scolaire Thérèse Delbos ou encore le stade naissent à cette époque.

L'urbanisation s'intensifie avec le changement de municipalité et l'arrivée de Colette Privat, à la fin des années 70. Pour lutter contre la crise du logement de nombreux programmes HLM à taille humaine sont mis en place sur l'ensemble de la commune et un nouveau quartier sort de terre avec les Portes de la Ville. La reconstruction du centre-ville est engagée, faisant naître plusieurs squares, parcs et jardins. L'accès à l'éducation, à la culture, aux sports et aux loisirs est également au cœur des préoccupations. Le complexe Rabelais, l'espace Beaumarchais ou encore la reconstruction du lycée Bernard Palissy ouvrent leurs portes à la fin du XXe siècle.

Au cours des années 2000, la ville poursuit son développement immobilier. Elle se dote de nouvelles infrastructures durant les mandats de David Lamiray (médiathèque, maison municipale des associations), mais l'heure est désormais au réaménagement urbain et à l'amélioration du cadre de vie. Les opérations de rénovation, réhabilitation ou déconstruction supplantent les créations de résidences et une multitude d'espaces publics se voient requalifiés afin de rendre la ville plus agréable et fonctionnelle.

Maromme - qui est de nos jours pleinement intégrée au sein d'un territoire métropolitain - est en effet l'une des plus petites communes de l'agglomération. Chaque mètre carré est donc aujourd'hui précieux et implique de repenser le paysage urbain tout en préservant le patrimoine.

Écologie et développement durable, élevés au rang de priorités, forcent également à rebattre les cartes en tenant compte des enjeux futurs. Aussi, les zones naturelles se retrouvent à faire l'objet de projets de valorisation, avec notamment l'aménagement des chemins forestiers et la restructuration des berges du Cailly. Plus important encore, un réseau de chaleur biomasse a été implanté sur la côte de la Valette, afin de produire une énergie durable issue de combustibles locaux.

Cette construction - comme un symbole - fait écho aux premiers temps où les habitants de la vallée ne bénéficiaient que des apports de la nature. Elle inaugure aussi une nouvelle ère en s’inscrivant dans une démarche qui vise à limiter la pollution et la consommation des ressources. À travers elle, c'est toute une ville qui se réinvente, reconsidère son environnement et se tourne résolument vers l'avenir.

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