Cette résidence, connue sous le nom de « Maison Pélissier » est le plus ancien monument historique de Maromme.
Vraisemblablement construit à la même époque que la poudrerie royale, entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle, l’édifice se distingue par son style architectural et son ossature en pans de bois.
La propriété, composée de plusieurs logis et de communs, était le domicile du commissaire général des poudres et salpêtres, chargé de contrôler la production de l’arsenal pour le compte du roi. Après la fermeture de la poudrerie royale en 1833, elle servit de lieu d’habitation aux familles bourgeoises qui se succédèrent à Maromme, durant près de 150 ans, pour diriger la filature de coton édifiée en lieu et place du complexe militaire.
La Ville de Maromme fit l’acquisition du bâtiment en 1975, alors qu’il avait été gravement endommagé par un incendie six ans plus tôt. Sous le mandat de Colette Privat, d’importants travaux de rénovation furent entrepris et la demeure ouvrit pour la première fois ses portes au public en 1986. Le site, transformé en salle polyvalente, accueillait alors divers évènements. Aujourd’hui, la bâtisse s’est muée en espace culturel dédié à l’art contemporain et abrite les expositions du SHED.
Le Maréchal Pélissier
Aimable Jean-Jacques Pélissier est né le 6 novembre 1794 à Maromme, au sein de la poudrerie que dirigeait son père. Une brillante carrière dans l’armée lui permit de gravir tous les échelons jusqu’à devenir Maréchal de France. Ses victoires militaires, notamment en Algérie et en Crimée, lui valurent plusieurs distinctions dont le titre de Duc de Malakoff et le firent accéder aux plus hautes fonctions du Second Empire (sénateur, ambassadeur de France à Londres, grand chancelier de la Légion d’honneur)
Célébré tel un héros de guerre partout en France (en témoigne le buste à son effigie sur la façade du bâtiment), Aimable Pélissier fait pourtant l’objet de controverses qui ternissent sa réputation. Au Maghreb, il joua un rôle de premier plan dans la répression brutale des révoltes autochtones, lors des campagnes coloniales françaises. Sous son commandement, les pires atrocités furent commises à l’encontre des populations locales qui tentaient de résister à l’occupation. Destructions de villages, tortures, exécutions sommaires et massacres de masse, y compris de civils, firent ainsi plusieurs milliers de morts en Algérie…